2018

Ça y est.Nous sommes en janvier 2018 et il y a quelques jours cela a fait 6 mois que l’on m’a injecté ce produit dans le corps pour faire partir ce mini nous pas encore formé mais mal placé.

Cela fait 6 mois que nous avons traversé la plus grosse tempête de notre couple connue à ce jour.

Cela fait 6 mois que je suis tombée enceinte et que j’ai compris que je pouvais normalement devenir maman.

En cette nouvelle année j’ai cherché dans chaque message,chaque voeu adressé celui qui me tenait le plus à coeur . J’ai cherché à lire entre les lignes pour trouver des mots qui m’indiquaient que 2018 serait l’année qui me ferait devenir mère. J’ai cherché sans cesse et j’ai trouvé des bribes d’espoir,des morceaux de signes,des fragments de souhaits pour nous deux.

J’aborde cette nouvelle année avec une boule au ventre parce que l’échec me fait terriblement peur. La douleur et la peur de nous revoir sombrer me tétanisent mais l’envie de réessayer de devenir maman me porte.

Je me sens apeurée et survoltée.Confiante et terrifiée. Soucieuse et sereine.

Cette année j’aimerais devenir mère. C’est la seule chose à laquelle j’ai pensé en serrant mon mari dans mes bras aux 12 coups de minuit . C’est la seule et unique volonté que nous avons échangée en nous regardant au milieu de la foule qui se souhaitait de belles choses pour cette nouvelle année.

En 2018 nous voudrions enfin Te rencontrer. Et apprendre à T’aimer.

Bonne année.

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GEU la suite 2

J’avais arrêté mon récit à cette première injection de produit destinée à faire évacuer ce petit amas de cellules qui aurait pu devenir notre enfant.

Les semaines qui ont suivi ont été tout aussi cauchemardesques. La première injection n’ayant pas fonctionné j’ai subi une seconde injection . J’étais toujours aussi épuisée.

Mon corps était « enceinte ». Mon cerveau était perdu. Mon moral avait disparu.

J’ai connu deux jours de nausées et de dégoût de toute odeur.Vis ma vie de femme enceinte sans aucune récompense au bout. Souffrir juste pour souffrir.

« Tu voulais voir ce que ça faisait? Bah en voilà un aperçu ! »

J’ai pris du poids. Quelques kilos quand même. Est ce le stress,la déprime,la douleur, la grossesse… ?je ne savais pas et je m’en foutais.Mon corps n’était plus le même. Je ne rentrais plus dans mes fringues.

Je n’avais plus envie de rien.Notre bulle de secrets et d’espoirs a explosé. On m’a dit que j’aurais pu y rester à cause d’une hémorragie interne… alors nous avons confié à nos proches ce qui se passait depuis des mois et des années. Tout le monde est tombé de haut. Des années d’essais bébé infructueux en secret. Des traitements hormonaux et cette grossesse mal placée et arrêtée.

Le dire à nos amis et à la famille m’a soulagé d’un poids mais j’avais toujours aussi mal de ne pas être mère.

Les médecins m’ont demandé d’arrêter les essais pendant au moins 3 mois.Mon gyneco m’a demandé 6 mois de pause.Pour que mon corps évacue ce produit si néfaste à un futur éventuel foetus et aussi pour que « je me remette psychologiquement »a t il dit.

J’ai pris ça comme un deuxième coup de massue… Encore attendre.tout recommencer. Et en même temps je n’en pouvais plus de ces calendriers d’ovulation qui traînaient chez moi,de mes prises de température tous les jours,tous les matins,de ces routines qui m’épuisaient…

Alors ok.On arrête tout mais avant il va falloir attendre que ce mini morceau de nous s’en aille.

Nous qui le suppliions de s’accrocher il y a quelques jours étions maintenant en train de lui demander de s’en aller.De nous laisser.

Une semaine après la première injection j’ai eu de violentes douleurs au ventre.les urgences m’ont préparée pour m’opérer et enlever ma trompe.Elle était sûrement en train d’exploser.

Finalement avant l’entrée au bloc,les douleurs ont cessé. Je suis restée en observation 48h et j’ai eu l’autorisation de ressortir avec mes deux trompes. Quelques jours plus tard j’ai perdu le minuscule embryon,je crois que ça ne s’appelait pas encore comme ça mais pour moi c’était presque mon bébé.

Je l’avais espéré, attendu,imaginé,rêvé et il m’avait apporté quelques heures de bonheur,le portant en moi,lui parlant déjà.

Je l’avais ensuite éliminé et maintenant évacué. De mon corps mais pas de mon esprit. Je ne vois pas comment je pourrai l’oublier un jour.

Progestérone chérie

Depuis 2 jours j’ai repris mon fidèle ami duphaston. Mon gyneco me l’a représcrit pour règuler de nouveau mes cycles.

Je lui ai aussi dit que cela avait soulagé légèrement mes crises d’acné quand j’en ai pris il y a quelques mois.Comme mon reflet dans le miroir est un cauchemar en ce moment j’ai besoin d’un nouvel espoir…

Depuis 2 jours j’ai la nausée. Je ne tiens pas debout ou à peine et je suis écoeurée par les odeurs. Ne me demandez pas si je suis enceinte c’est non.depuis la GEU je n’ai pas le droit de retomber enceinte. Le produit que l’on m’a injecté serait trop dangereux pour un foetus.

Les hormones régissent mon corps, mes envies,ma peau et mes humeurs.Me font tenir debout ou chuter.

Je suis insupportable,triste,apeurée,affamée puis écoeurée.

Les hormones me haïssent sûrement et me font payer quelque chose… j’ai beaucoup cherché je ne vois pas ce que j’ai fait de mal !

Si seulement j’étais sûre qu’endurer tout cela me garantissait notre enfant… mais non.

6000 fois par jour

Aujourd’hui je me suis fait une remarque à moi même…

Au volant,au retour du boulot,dans la nuit et sous la pluie,sur l’autoroute je me suis (encore) surprise à penser à ce bébé.Ce bébé presque existant tellement il est présent dans ma tête.

Ce bébé attendu,rêvé,espéré et imaginé. Mais absent.

Le matin,la nuit, au réveil, au coucher, à table, au travail, chez des amis, au cinéma, aux repas de famille dominicaux et aux réunions de boulot… Ce bébé est là.

Absent de mon ventre,caché ailleurs.Sans vie.Mais dans ma tête constamment.

Je me prends à m’imaginer qu’un jour il lira ces mots et se dira qu’il n’existait même pas mais qu’il était déjà tellement aimé.

Tu n’es pas là. Tu n’existes pas.

Mais je pense à Toi près de 6000 fois par jour.et oui, je T’aime déjà.

GEU la suite

Alors voilà. Ce jour de juillet nous avons connu l’attente et l’espoir. La peur et l’angoisse. Puis le bonheur,le soulagement de se croire bientôt parents.

Enfin la désillusion. La tristesse et la douleur.

Le gynécologue nous a envoyé d’urgence à l’hôpital. Je me souviens d’avoir fait la route comme un zombie côté passager et mon homme en pilote automatique. Je me souviens être resté dans les embouteillages qui ont duré quelques longues minutes qui pour moi étaient à la fois des heures et des secondes.

Je n’avais aucune douleur.pas dans le ventre en tous cas.mais le gynécologue avait été très clair : il fallait faire partir cette grossesse mal placée très vite . très très vite. J’étais en danger.

Je m’en foutais pas mal en fait. j’avais envie de disparaître. Je ne réfléchissais plus du tout.

Je n’étais plus vraiment moi.

J’ai pleuré comme jamais . J’ai hurlé. Crié. J’ai eu tellement mal au coeur.

Arrivés aux urgences gynécologiques on m’a fait une échographie extrêmement longue. Elle ne trouvait pas le « sac ». Après une vingtaine de minutes et une autre gyneco en renfort elles ont trouvé cette grosseur dans la trompe gauche.

Les 2 solutions m’ont été expliquées très clairement : opération avec de gros risques de perdre ma trompe. Ou injection de methotrexate qui ne marchait pas à tous les coups mais qui avait le bénéfice de faire partir la grosseur sans la trompe.

La deuxième solution a été vite choisie.

Le lendemain j’avais rendez vous pour l’injection.

Je suis rentrée me réfugier dans un sommeil de sonneur.Je n’étais plus capable de rien.

Le lendemain, le piqûre m’a fait hurler. Pas de douleur. Mais parce que je me suis dit que j’étais en train de supprimer ce petit bout de nous deux qu’on avait mis tant de temps à espérer.

Bien sûr que ce n’est pas un bébé. Même pas un embryon.

Mais j’avais mal quand même. Nous étions arrivé à quelque chose. Et il fallait le faire disparaître.

Le produit a pénétré mon corps.je l’ai senti s’infiltrer dans mes tissus.se faufiler dans mes cellules jusqu’à atteindre sûrement l’endroit pour lequel il était prévu.

Je suis repartie chez moi . j’ai dormi.

Fatiguée de ces émotions. Fatiguée parce que j’étais enceinte. Fatiguée par ce poison qui pénétrait mon corps.

Puis les jours suivants il fallait vérifier le taux de HCG.ce taux que nous rêvions de voir augmenter devait maintenant baisser.

Nous n’attendons que ça. Voir les chiffres se rapprocher de zéro au maximum… alors que nous avions attendu des années qu’ils soient non nuls.

Comment te dire ?

(Attention, cet article sent la jalousie.

Très fort.)

Ce soir vous êtes invités chez la copine Machine. Vous aimez beaucoup Machine. Mais voilà, ce soir, vous n’avez pas envie d’y aller.

Pas parce que vous êtes malade. Non, non.

Pas parce qu’il y a un nouvel épisode de Koh Lanta à la télé. Non, non.

Parce que Machine est enceinte. Oui.

Il y a tellement de choses que j’ai eu envie de dire à ces amies. Que j’aime très fort mais qui m’ont semblées si éloignées à certains moments. Pourtant tout ce qu’elles vivent est ce que je souhaite vivre…

Alors voilà… Ce que j’ai eu envie de répondre à ces amies mais que je n’oserai jamais leur dire.

Quand vous m’invitez à l’anniversaire de votre enfant, même si je vous aime, je pense :

« La fête d’anniversaire de ton bébé ? Tu veux dire, une après-midi à voir vingt-cinq adultes faire « areuh, areuh » autour de ton enfant, pendant que 3 ou 4 nanas se frottent le ventre rond en parlant de leurs nausées et de comment elles ont annoncé la bonne nouvelle à leurs familles ? Tu veux dire un immense gâteau d’anniversaire et une cinquantaine de jouets puant la sur-consommation à plein nez et une bonne demi-douzaine d’enfants plus grands qui courent et jouent dans un beau jardin fleuri ? Tu veux dire des photos de famille qui respirent le bonheur et des familles accomplies qui s’extasient autour de leurs petites têtes blondes ?  »

Non merci.

Quand vous me proposez une fête entre amis, même si je vous aime très fort ,je pense :

« Une soirée chez toi ? Tu veux dire un moment entre amis, dont 6 qui vont observer si je bois de l’alcool du coin de l’oeil et 2 qui oseront me poser LA question fatidique si j’ai le malheur de ne pas toucher un verre ? Tu veux dire quelques heures à observer ton ventre rond et tes minauderies lorsque tu racontes que « c’est venu plus vite que tu ne le pensais ! Un mois d’arrêt de pilule vous vous rendez compte ? ».

Non merci.

Quand vous m’invitez à un diner, je pense :

« Un repas ensemble ? Tu veux dire de longues minutes à observer ton nouveau-né, et à s’extasier à chacun de ces battements de cil ? (il y en a beaucoup en une après-midi, je vous assure). Tu veux dire quelques heures à ne parler que de couches sales, à entendre des « gazou, gazou » et des remarques autour de sa peau si douce et de son « caractère bien trempé » (alors qu’il a 3 semaines). En plus, il y aura ta copine Bidule qui ne peut pas s’empêcher de demander un milliard de conseils sur l’allaitement et le bon matelas pour le co-dodo… Parce qu’elle a lu un article dans « Parents magazine ». Et toi tu ne peux pas t’empêcher de lui répondre. »

Alors non. Merci. Je vais passer mon tour.

J’éviterai quelques heures de douleur et une soirée à pleurer chez moi, seule avec mon homme, quand vous rentrerez avec vos petites familles pour un repas animé et des câlins en pyjama.

Chuter

Avec mon amoureux nous rêvions déjà… Des chiffres sur un papier.Un taux de HCG élevé avait suffit à nous emballer.il faut dire qu’on l’attendait depuis si longtemps.

Sachant pertinemment que les tests de grossesse se déclenchent à 25, j’ai failli en faire un juste pour avoir le bonheur, que dis – je, la jouissance de voir 2 petites bandes se colorer… Je les avais tant espérées,attendues,rêvées,fantasmées…

Nous avons passé l’après midi à imaginer, à rire de ce petit bonheur qui avait frappé à notre porte. A qui allions nous l’annoncer en premier ? Comment allions nous nous organiser pour la chambre ? Quel prénom allions nous lui donner ? J’ai même consulté des sites de vêtements pour femme enceinte.

Je sais,nous nous sommes emballé trop vite…

Le gyneco a observé les résultats sur le papier et a souri.

En route pour l’échographie. Ça allait être le moment.celui qu’on avait voulu depuis si longtemps.Voir un petit être apparaitre à l’écran même si ce n’est encore qu’un amas de cellules.Un petit être en devenir. J’allais pleurer d’émotion j’en étais sûre.

Mais le gyneco n’a jamais trouvé ce petit être qui faisait monter mon taux de bêta HCG. Il n’a jamais réussi à le trouver. Mon uterus était désespérément vide.

Ce petit être était là mais il se développait ailleurs.

J’étais enceinte mais mal enceinte.

J’ai pleuré mais pas de bonheur. Nous nous sommes décomposés. Chutant dans un trou sans fin qui nous absorbait jusqu’à plus soif. Je n’entendais plus rien je restais les yeux rivés sur cet écran qui ne montrait rien.

Je ne sais plus trop ce qu’il s’est passé ensuite.Ou plutôt je ne sais pas comment j’ai tenu.

7 jours

7 jours à attendre.7 jours à imaginer des cellules se multiplier dans mon ventre.7 jours à espérer que la vie se développe en moi.

Le même laps de temps qu’ont mis certains pour créer le monde,je l’ai mis à ne rien faire du tout.

Mon esprit espérait. Mes mains vagabondaient sur ce ventre toujours bien plat en l’imaginant s’arrondir. Mon cerveau créait des symptômes de grossesse qui sont tout aussi psychologiques que véridiques.

J’étais ailleurs. Vis ma vie de femme enceinte.Pendant 7 jours.

Pas plus.

Le mercredi suivant,j’ai ma prise de sang.le graal. J’arrive en avance sur le parking,le labo est encore fermé.

Je suis heureuse d’aller me faire piquer.Radieuse au milieu de ces vieux avec leurs analyses d’urine et ces femmes enceintes le ventre rond… je serai aussi comme ça bientôt. J’ai envie de le crier mais je reste correcte.

A midi,le résultat de ma prise de sang est arrivé. Je l’ouvre sans attendre mon Amoureux.Trop hâte de lui faire la surprise . Même si c’est facile de le dire après coup ; je suis sûre de moi.

Je suis enceinte.

Le taux de bêta HCG a explosé.

Aucun doute maintenant.

Je me rappelle de cette émotion qui m’envahit. De ce bonheur qui m’électrise. De mes mains qui viennent toucher mon visage,mes yeux,mon ventre.

Mon bébé. Il est là. Il est en moi.Il s’est accroché et grandit.

Mon Amoureux arrive.Je lui offre deux petites chaussures.Il sourit.On est heureux.On se serre si fort…

Il me dit « alors ça y est,on va être parent. »

Ça y est.

Deux ans quasiment à t’attendre . J’ai déjà presque oublié cette douleur.

Une autre pire m’attend.

Si près du but

Le lendemain de cette journée irréaliste de folie,je suis réglée.

Voilà. C’est fait.

Un monde s’écroule. Finalement ce monde n’était qu’un château de cartes que j’avais monté de toutes pièces dans ma tête. Comment ai-je pu croire que cela aurait marché ?

Comment ai-je pu imaginer que je pouvais y arriver comme ça. Rien qu’avec ces petits comprimés,mes jambes en l’air et beaucoup d’amour. Certains y arrivent sans même l’une de ces conditions.

Moi non.Je n’y arrive pas.Rien du tout.

Je suis toujours cette femme infertile.cette femme dont le corps reste stérile et vide de vie.

Le sang est revenu.Signe qu’aucune vie n’a pris en moi.Qu’un nouveau cycle recommence.

Je suis un zombie.Je continue ma journée de boulot.

Impassible et infertile.

En moi,je fonds.

Durant la nuit suivante je me réveille tordue de douleur.Mon bas – ventre explose. J’ai mal . Très mal.

Des douleurs de règles puissance 1000.

Après avoir tout essayé je finis par appeler sos médecins. Mon interlocuteur me conseille d’aller aux urgences au vu du traitement hormonal pris le cycle précédent.

Par précaution.

Je réveille mon Amoureux et nous nous retrouvons dans les couloirs de la maternité.

Là où des femmes donnent la vie.

Là où je ne viendrai peut être jamais le ventre rond.Jamais pour devenir mère.

Le médecin m’écoute, m’ausculte, me fait une échographie.

Rien.

Ce mot est devenu mon plus fidèle compagnon. Rien. Il n’y a rien.

Ce sont des douleurs menstruelles. Voilà tout.

Les douleurs s’étant estompées,je repars avec le soleil qui se lève. Et une ordonnance pour une prise de sang Bêta HCG. C’est la procédure.

Sauf que je ne veux pas aller me faire piquer.

A quoi bon ? J’ai mes règles. Ma température a chuté net.

Je ne suis pas enceinte.

L’hôpital m’appelle pour me demander les résultats. Et me précise que si je ne vais pas faire la prise de sang,ils insisteront.

Je finis par y aller.

Le soir je me hasarde sur le site du laboratoire. Et là,je lis ces mots : Résultat positif.

Quoi ? Dans mes petites veines,quelques infimes traces de l’hormone de grossesse avait été détectées.

8. C’est à dire rien. Le minimum étant de 5.

3 petits points de plus me font basculer dans la panique ou l’espoir.Je ne sais pas.

Je me rappelle avoir dit à mon Amoureux que je ne comprenais rien à ce qui était affiché sur l’écran.

Dans la panique et l’incompréhension j’appelle la maternité : on me dit que le taux est infiniment bas pour une grossesse.Il y a de fortes chances pour que je sois en train de faire une fausse couche précoce.

« Ou alors vous êtes enceinte ».

Ces derniers mots me font frissonner. Bonheur,peur,douleur.Je ne sais plus.Je suis dans un autre monde.

En apesanteur. Sans être sûre de revenir sur terre entière.

Merde alors. Pourquoi pour certains les choses se font elles si simplement ?

Procédure : prise de sang dans 48h pour voir si le taux augmente.

Lundi soir le taux est à 16.

Nous ne savons pas quoi penser.les taux indicatifs que l’on trouve sur le net en s’informant sont beaucoup plus hauts ! A presque 2 semaines et demie après l’ovulation je ne pourrais même pas déclencher les deux petites bandes blanches sur un test de grossesse.

Le gyneco que j’ai au téléphone me dit que le taux peut continuer à monter même si c’est une fausse couche. Ce qui est probable.

Le mercredi la nouvelle prise de sang est à plus de 40.

J’obtiens un rendez vous en urgence.Je commence à y croire avec mon Amoureux.Nous commençons à penser en disant « et si… »

Le gyneco ne voit rien à l’échographie. Normal car le taux est trop bas.Mais il est possible que je sois enceinte et que le petit être en moi mette juste un peu plus de temps à démarrer… je dois attendre 1 semaine.

7 jours.

7 journées et 7 nuits.

7 jours à être potentiellement enceinte.

7 jours de sursis dans l’attente.

Le gyneco me demande de faire attention à mon alimentation,de ne pas trop stresser. (Ah bon ?)

Je m’arme de patience.Je construis une carapace avec mon Amoureux. On s’y abrite.

Il s’est passé quelque chose.

Je me rappelle de mon Amoureux qui touchait mon ventre en demandant à ces petites cellules invisibles : « accroche-toi s’il te plaît. On t’attend ici.tiens bon. »

Tous les soirs je lui parlais.Je parlais à ce petit être sans coeur qui bat.A ce mélange de nos deux ADN qui ne vivait pas vraiment.

Ou peut être que si.

Rêves

Te porter.

T’emmener au cinéma.

Aller voir ta première fête d’école.

Te lire des histoires.

T’écouter me raconter ta journée.

Voir tes premiers sourires.

Te disputer lorsque tu fais une bêtise.

Te mettre ta chanson préférée dans la voiture même si il s’agit de la reine des neiges ou équivalent.

Me lever la nuit quand tu fais tes dents.

Te lire des histoires.

Aller te chercher à l’école.

Te donner le bain.

Te mettre en poussette.

Changer tes couches sales.

Jouer avec toi.

Entendre ta voix qui se forge, ton rire qui se découvre.

T’acheter des vêtements.

Te serrer contre moi.

Me demander à qui tu ressembles.

Voir que tu nous ressembles et que tu es toi.

Que tu es là.

Choisir ton prénom.

Te présenter à ma famille.

Voir tes yeux pour ton premier Noël. Et pour les suivants.

Rire à tes premiers mots.

Sourire à tes premiers sourires.

Te câliner.

T’entendre dire « maman ».